Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,
« Abraham lui a dit : ils ont Moïse et les prophètes ; qu’ils les écoutent » (Lc 16,29).
En parlant de la loi et des prophètes, saint Luc veut évoquer les saintes Ecritures. Nous ne devons pas oublier que l’Evangile est présent, jour et nuit, et qu’il reste en permanence à notre portée. Cette parabole nous apprend que c’est, en vérité, la lecture ou l’écoute de la parole de Dieu qui nous convertit, qui transforme notre cœur et qui l’affermit. Ce n’est pas le témoignage d’une personne ni la réalisation d’un miracle. Voilà pourquoi il faut s’efforcer, si possible, de lire au-moins une page de l’Evangile, chaque jour.
Lorsque nous prions, nous nous adressons au Seigneur, nous parlons avec Lui et nous Lui demandons d’exaucer nos demandes ainsi que de répondre favorablement à nos supplications. En revanche, lorsque nous lisons ou bien que nous écoutons l’Evangile, c’est le Seigneur qui nous parle, qui nous enseigne, qui nous conseille et qui nous guide. Faisons alors preuve de dignité et de gratitude, en étant tout particulièrement attentifs au message qu’Il veut nous délivrer.
La parabole de l’homme riche et du pauvre Lazare est une invitation à la miséricorde pour notre prochain ; c’est un appel à la compassion à l’égard de tous les pauvres autour de nous. L’homme riche n’a pas suivi l’exemple du fils prodigue qui s’est finalement repenti et qui est revenu vers son père. A notre tour, ne suivons pas l’exemple de l’homme riche qui n’a pas saisi l’occasion d’exercer sa miséricorde à l’égard du pauvre Lazare, silencieux et couché à la porte de son palais.
Au contraire, efforçons-nous de reconnaître le Christ dans les pauvres de notre entourage. Efforçons-nous de discerner le Christ dans les malades, dans ceux qui souffrent, dans ceux qui sont désespérés, autour de nous. Nous connaissons bien la parabole du jugement dernier, que nous entendons chaque année avant le début du grand carême. La compassion, la miséricorde, l’attention portée à notre prochain, l’amour chrétien témoigné à son égard – toutes ces qualités nous seront demandées à la fin de notre vie sur terre. C’est bien sur ces vertus que nous serons jugés par le Seigneur, Lui dont nous disons qu’Il est le Maître de notre vie.
Observons attentivement le comportement de l’homme riche, qui souffre dans le séjour des morts : il cherche, il demande, il frappe à la porte, il ne désespère pas et il ne s’avoue pas vaincu. Il sollicite Dieu à plusieurs reprises et il va même jusqu’à Le supplier. Quelque fois, tout nous semble fermé, obscur, désespéré, sans issue. Et puis, soudain, un chemin nous est proposé et une fenêtre s’ouvre. Il faut alors d’y engouffrer.
Jésus est descendu dans notre enfer, Il a arraché les portes de notre enfer et Il nous en a libérés. Apprenons par expérience qu’Il continue de le faire et de nous adresser, sans cesse, une parole de consolation et d’encouragement.
Mais, de notre côté, nous devons Le prier, Lui faire confiance, faire des efforts, ne pas tomber dans le désespoir et nous montrer persévérants.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, il n’est pas dit que le pauvre possédait une force d’âme ou une grande piété. Sa richesse tenait juste dans son nom et dans sa pauvreté qui lui ont permis d’être reçu dans le sein d’Abraham, immédiatement après sa mort sur terre. C’est utile de comparer le pauvre Lazare au saint et grand martyr Artémios, dont nous célébrons aujourd’hui la mémoire. L’empereur romain, au quatrième siècle, avait restauré les cultes païens. Un jour, il a jeté saint Artémios en prison et il lui a fait subir des tortures. Le Christ lui est apparu en prison et Il l’a guéri de ses blessures.

L’empereur a fait sortir saint Artémios de la prison et il l’a soumis à d’autres tortures. A la fin, il a donné l’ordre de le décapiter. Saint Artémios s’est rendu seul sur le lieu d’exécution, il s’est prosterné trois fois vers l’orient puis il a tendu, avec joie, sa nuque sous l’épée du bourreau. Pendant des siècles, il a été vénéré par les fidèles, avec ferveur. Grâce à son intercession, de nombreuses guérisons ont été accomplies.
Amen
