Dimanche 17 janvier 2021

dimanche avant la Théophanie

Assemblée des 70 apôtres (Mc 1 ; 1-8)

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

C’est le premier verset du premier chapitre de l’évangile selon saint Marc :

« Commencement de l’évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu »

Saint Marc a donné à son Livre saint un titre et il a choisi chaque mot avec soin.

Premier mot : « commencement ou début » : dans la Bible, il y a plusieurs livres, qui commencent par ce mot.

Par exemple, le livre de la Genèse :

« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre » (Gen. 1 ; 1).

Autre exemple, dans l’évangile selon saint Jean :

« Au commencement, était le Verbe, et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1,1).

 Saint Marc veut donc nous enseigner, dès le début, que Jésus, étant venu sur terre parmi nous, a commencé une nouvelle histoire sainte et Il a inauguré une nouvelle création. Il nous a ouvert un nouveau chemin.

Jésus attend de nous une nouvelle naissance dans l’eau et dans l’Esprit.

Deuxième mot : Évangile. C’est un mot qui vient du grec ancien et qui veut dire, comme l’on sait, bonne nouvelle.

Oui, l’Évangile, ce n’est pas seulement un livre, c’est surtout une nouvelle et une promesse de joie : c’est l’annonce d’un événement qui concerne la personne de Jésus.

Saint Marc nous apprend d’abord le fait que Jésus est le Christ, c’est-à-dire Celui qui a été oint, Celui qui a reçu l’onction (divine).

Jésus a été envoyé par Dieu son Père, afin d’établir le Royaume de Dieu dans le monde et sur la terre.

Saint Marc nous apprend aussi que Jésus est le Fils de Dieu : parce qu’Il a manifesté une relation particulière et unique avec Dieu, son Père ; parce qu’Il était toujours avec Lui ; parce qu’Il était lui-même Dieu.

Jésus, le Fils divin ou bien le Fils de Dieu. Chacun d’entre nous, s’il désire devenir chrétien, c’est-à-dire s’il veut devenir un disciple du Seigneur, pendant toute la durée de sa vie, comprend que Jésus, c’est tout simplement Dieu qui est venu habiter parmi nous, dans l’histoire de l’humanité, puis qui vient sans cesse demeurer en nous.

« Commencement de l’évangile de Jésus Christ, Fils de Dieu ».

De cette façon, saint Marc, dès le premier verset de son évangile, nous introduit dans le domaine de la théologie et nous laisse entrevoir le mystère de la personne de Jésus.

C’est le programme de toute une vie chrétienne.

Selon les moments, soit que nous traversions une épreuve, soit que nous soyons guéris, soit que nous soyons pardonnés, nous voyons Jésus davantage comme le Christ, ou bien, au contraire, comme le Fils de Dieu.

Pour cette raison, saint Marc nous dévoile, dans son Livre saint, deux enseignements, aux deux extrémités de son ouvrage :

-au début, la confession de l’apôtre Pierre : « Pierre lui répondit : Tu es le Christ » (Mc 8, 29).

-à la fin, la confession d’un soldat romain : « le centenier, qui était en face de Jésus, voyant qu’il avait expiré de la sorte, dit : Assurément, cet homme était Fils de Dieu » (Mc 15,39).

Nous venons d’entendre cette parole dans l’évangile :

« Jean parut, baptisant dans le désert, et prêchant le baptême de repentance, pour le pardon des péchés. (…) Il disait : Moi, je vous ai baptisés d’eau ; lui, il vous baptisera du Saint Esprit » (Mc 1 ; 4-8).

C’est vrai, il y a une différence fondamentale entre le baptême de Jean et le baptême de Jésus. Jean baptise seulement dans l’eau, alors que Jésus va baptiser dans l’Esprit Saint.

Jésus-Christ, Fils de Dieu : sur Lui repose le Saint Esprit de toute éternité, et Il nous offre sans cesse le don de l’Esprit Saint.

Nous savons bien, soit que nous l’avons appris, soit que nous en avons fait directement l’expérience, que la vie chrétienne n’est rien d’autre qu’une vie touchée et illuminée par la grâce de l’Esprit Saint.

Souvenons-nous de l’enseignement de saint Séraphin de Sarov : le but de la vie chrétienne, c’est de faire l’acquisition du Saint Esprit.

Effectivement, le Saint Esprit nous apporte la guérison, le pardon de nos péchés, la paix, la joie, l’humilité, l’amour de nos ennemis, une nouvelle naissance.

Mais nous ne devons jamais oublier que le commencement de toute vie chrétienne, c’est le baptême dans l’eau pratiqué ou accompli par Jean le Baptiste sur les rives du Jourdain.

Le baptême dans l’eau, cela signifie : le jeûne, l’effort, la patience, la prière, la purification, le silence, l’attention, la sobriété et la vigilance. Tout cela correspond au temps de la préparation avant le fait de pouvoir entrer puis de pénétrer dans le Royaume de Dieu. C’est ce que l’Église orthodoxe nomme carême.

Nous sommes croyants et nous désirons, autant que possible, devenir chrétiens orthodoxes. Cela signifie que nous croyons que ce que l’on voit n’est pas tout à fait la réalité ; et qu’il existe des choses que nous ne voyons pas, qui sont invisibles à nos yeux corporels, qui ne sont accessibles qu’à notre foi et qui ne sont perceptibles qu’avec les yeux de notre cœur ainsi qu’avec les yeux de notre intelligence. C’est, par exemple, le mystère de la personne du Christ, le mystère de la Mère de Dieu, le mystère des saints de notre Église, enfin le mystère de la personne humaine créée à l’image de Dieu et à sa ressemblance.

A propos du calendrier liturgique, nous avons la conviction qu’il a été mis au point par les Pères de l’Église, pas par hasard, mais avec une grande pédagogie, avec doigté, afin de nous permettre d’appréhender petit à petit ces mystères, de nous en approcher. Tout va très vite, dans la succession des fêtes liturgiques, et il n’est pas inutile d’essayer de porter un regard distancié.

Le 7 janvier dernier, nous avons célébré la fête de la Nativité du Christ et nous avons été, alors, les témoins d’un événement : le Fils de Dieu s’est incarné, Il est devenu homme, Il est devenu semblable à nous, Il a assumé la nature humaine tout en conservant sa nature divine. Cela s’est passé il y a dix jours en arrière.

Aujourd’hui, c’est le dimanche qui précède la Théophanie et après-demain, mardi 19 janvier (ancien style), nous allons célébrer la fête de la Théophanie. Au fond, c’est comme si nous ne pouvions pas nous appesantir et nous reposer sur cette image du Fils de Dieu devenu semblable aux hommes. Nous sommes irrésistiblement entrainés vers la fête de la Théophanie, qui est un événement majeur dans le calendrier liturgique : l’homme Jésus se révèle, soudain, comme le Fils de Dieu et l’une des Personnes de la Sainte Trinité. Au cours de cette fête, nous commémorons :

-tout d’abord le baptême du Seigneur.

-puis l’image, l’icône et le modèle de notre baptême, par lequel nous sommes entrés dans l’Église et par lequel nous avons été greffés au corps du Christ.

-cette fête a aussi une portée cosmique : la nature déchue, polluée, habitée par les forces du Mal, en recevant le Seigneur qui est plongé dans les eaux du Jourdain, est purifiée, elle est sanctifiée, elle est illuminée, elle est traversée par la grâce divine et l’énergie du Saint Esprit.

-enfin, à la fin de la liturgie, a lieu la grande bénédiction des eaux : c’est l’occasion, pour chaque fidèle, d’emporter de l’eau sanctifiée pour bénir les maisons et les appartements dans lesquels nous habitons, au quotidien.

Si nous le pouvons, si nous sommes disponibles, il faut s’efforcer de venir, soit le lundi soir, soit le mardi matin, soit les deux, pour participer à cette grande fête de la Théophanie et en recevoir une illumination qui nous fera grandir et qui nous fortifiera, sur notre chemin.

Amen.

higoumène Alexis

Dimanche 10 janvier 2021

dimanche après la naissance du Christ

saints et justes Joseph le fiancé, le roi David et l’apôtre Jacques, frère du Seigneur

(Mt 2 ; 13-23)

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

Nous venons d’entendre, aujourd’hui, dans l’Évangile :

« Voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit ».

Un peu plus loin : « Voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, en Égypte ».           

Si nous voulons devenir chrétiens orthodoxes, nous devons nous efforcer d’être en relation avec le Seigneur, dans notre vie quotidienne, le plus souvent possible.

Nous connaissons bien ces versets tirés d’un psaume de David, car nous les entendons souvent à l’église, au cours des offices :

« J’ai constamment le Seigneur sous mes yeux ;

Quand il est à ma droite, je ne chancelle pas.

Aussi mon cœur est dans la joie, mon esprit dans l’allégresse,

Et mon corps repose en sécurité » (Ps 16 ; 8-9).

Nous connaissons également cet enseignement de l’apôtre Paul, qui tient en quelques mots :

« Soyez toujours joyeux,

Priez sans cesse.

Rendez grâces en toutes choses,

Car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ » (1 Thess. 5 ; 16-18).

Être en relation constante avec Dieu, ce n’est pas, évidemment, de rester enfermé dans une église, ou bien de demeurer à la maison devant une icône ou devant un livre saint.

Être en relation constante avec Dieu, pendant notre travail ou durant nos activités, c’est être heureux d’avoir été créés à l’image de Dieu ; c’est être heureux d’avoir reçu le don de la vie ; c’est être heureux d’avoir été touchés par la grâce divine.

« L’ange du Seigneur dit à Joseph : Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Égypte, et restes-y jusqu’à ce que je te parle …

Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Égypte » (Mt  2 ; 13-14).

La vie chrétienne est difficile, parce qu’elle est une invitation constante à ressembler au Christ, parce qu’elle consiste, autant que possible, à une assimilation des préceptes du Seigneur.

Le monde nous propose de manifester, dans la vie de tous les jours, de la violence, de l’autorité, de la supériorité, de la désobéissance, du rejet, du non-respect, de l’impatience.

Au contraire, le chrétien orthodoxe, dès lors qu’il veut mettre en pratique l’enseignement qu’il a reçu lors de son baptême dans l’église, préfère témoigner de la patience, de la douceur, de l’humilité, de l’obéissance, de la pauvreté, de la non-résistance.

Souvenons-nous de ce passage de l’Évangile, lorsqu’ils accusent Jésus : Lui ne répond pas pour chercher à se justifier, Il reste silencieux, il reçoit sans broncher le jugement des hommes, il accepte d’être crucifié.

« Le gouverneur interrogea Jésus en ces termes : Es-tu le roi des Juifs ?

Jésus lui répondit : Tu le dis.

Mais il ne répondit rien aux accusations des principaux sacrificateurs et des anciens.

Alors Pilate lui dit : N’entends-tu pas de combien de choses ils t’accusent ?

Et Jésus ne lui donna de réponse sur aucune parole, ce qui étonna beaucoup le gouverneur » (Mt 27 ; 11-14).

Le roi Hérode envoie décapiter Jean dans sa prison.

Sa tête est apportée sur un plat, et donnée à la jeune fille, qui la porte à sa mère.

Les disciples de Jean viennent prendre son corps, et l’ensevelissent. Et ils vont l’annoncer à Jésus. L’évangéliste Matthieu nous livre ce commentaire qui traduit à la fois une forme d’acceptation et d’humilité, ainsi qu’un désir de silence et de prière :

« A cette nouvelle, Jésus partit de là dans une barque, pour se retirer à l’écart dans un lieu désert ; et la foule, l’ayant su, sortit des villes et le suivit à pied » (Mt 14,13).

Amen.

higoumène Alexis

Dimanche 3 janvier 2021

Dimanche des saints Pères

saint hiérarque Pierre, métropolite de Kiev, de Moscou et de toute la Russie, thaumaturge (Mt 1 ; 1-25)

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

« Généalogie de Jésus-Christ, fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1,1)

Dans cette généalogie, en dehors de la Vierge Marie, sont mentionnés quatre noms de femmes :

-Thamar et Rahab ont été deux femmes pécheresses.

-Ruth était une femme étrangère

-la femme d’Urie, Bethsabée, était la femme d’un étranger : elle est devenue l’épouse de David à la suite de graves péchés.

Nous venons de l’entendre :

« Le roi David engendra Salomon de la femme d’Urie ».

David est le deuxième roi dans l’histoire d’Israël.

David était un jeune berger. Par la suite, il est devenu un guerrier, mais aussi un musicien et un poète. Il a écrit, ainsi, de nombreux psaumes.

Un jour, David a eu une relation physique avec Bethsabée, la femme d’Urie, un officier dévoué. Bethsabée est tombée enceinte.

Le roi David a demandé qu’Urie soit en première ligne pendant la bataille, afin qu’il soit tué, et c’est ce qui est arrivé.

Au même moment, David a écouté un récit du prophète Nathan, dans lequel un pauvre a adopté une jeune brebis.

Chaque jour, ce pauvre nourrissait sa jeune brebis, qui a grandi ensemble avec lui. Elle mangeait de son morceau de pain, elle buvait de son verre, elle couchait sur sa poitrine, elle était pour lui comme sa propre fille.

Arrive alors un homme riche, il prend, sans permission, la seule brebis du pauvre, en vue de la consommer.

Le roi David a écouté cette histoire, et il s’est ensuite mis en colère contre ce riche qui, selon lui, méritait la mort.

Le prophète Nathan lui a dit qu’il s’était justement conduit comme cet homme riche, en envoyant Urie à la mort pour lui prendre sa femme.

Le prophète Nathan a vivement reproché à David son péché. Il lui a adressé ces mots : tu as méprisé Dieu, tu as commis quelque chose qui ne plaisait pas à Dieu.

David a reconnu son péché et a répondu à Nathan : oui, j’ai péché contre Dieu.

Le prophète Nathan a ajouté : oui, Dieu te pardonne, Dieu pardonne ta faute, tu ne mourras pas.

Voici le psaume de David, lorsque Nathan est venu vers lui, après qu’il ait eu une relation avec Bethsabée, la femme d’Urie – il s’agit du psaume 50 :

« Aie pitié de moi, ô Dieu, dans ta grande miséricorde et, dans la richesse de ta compassion, efface ma transgression.

Lave moi, toujours plus, de mon iniquité et, de mon péché purifie-moi.

Car mon iniquité je la connais, et mon péché est constamment devant moi.

Contre toi seul j’ai péché et j’ai fait le mal devant toi.

Car tu seras juste dans tes paroles et tu seras vainqueur lorsque tu jugeras ».

Amen.

higoumène Alexis

Dimanche 27 décembre 2020

dimanche des saints Ancêtres du Seigneur

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

Il y a un mois en arrière, nous sommes entrés dans la période de l’Avent, c’est-à-dire dans le temps de l’attente du Messie ou le temps de l’attente du Christ.

Dans le livre de la Genèse, qui constitue le premier livre de la Bible, nous lisons :

« Et cela fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin : ce fut le sixième jour » (Gen. 1 ; 30-31).

D’après les premiers mots de la Bible, nous comprenons que Dieu est bon et qu’Il nous aime. A chaque jour de la Création, le regard de Dieu se pose, avec amour, sur tout ce qu’Il a fait.

Lorsque l’homme s’est séparé de Dieu à cause du péché, il a été chassé du Paradis.  Mais Dieu ne l’a pas privé de son amour, Il l’a accompagné par ce message d’espérance : un descendant de la femme vaincra le démon.

« Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ton lignage et son lignage : celui-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon » (Gen. 3, 15).

Alors commence l’histoire de l’homme, longue et douloureuse. Cette histoire est faite d’événements au cours desquels Dieu se révèle à l’homme et pendant lesquels Dieu conclut des alliances avec l’homme.

L’Ancien Testament est un Livre merveilleux qu’il faut découvrir, à nouveau, en cette période qui nous conduit, dans une dizaine de jours,  à la fête de la nativité du Christ.

L’Ancien Testament, c’est une longue série d’alliances, souvent rompues par l’homme mais toujours rétablies par Dieu, dans sa bienveillance et dans sa patience infinie à notre égard.

Le patriarche Noé, celui qui a été sauvé du déluge, représente lui-même la première de ces alliances entre Dieu et l’humanité.

A la fin, l’histoire de Noé nous révèle cette rencontre entre l’arc en ciel, la colombe et le rameau d’olivier : ce sont eux qui, depuis le début de l’histoire, apparaissent comme des signes de réconciliation entre Dieu et l’homme. Il faut relire, avec émotion mais aussi avec tendresse, ces lignes qui laissent deviner les sentiments de Noé :

« Au bout de quarante jours, Noé (…) lâcha aussi la colombe, pour voir si les eaux avaient diminué à la surface de la terre.

Mais la colombe ne trouva aucun lieu pour poser la plante de son pied, et elle revint à lui dans l’arche, car il y avait des eaux à la surface de toute la terre. Il avança la main, la prit, et la fit rentrer auprès de lui dans l’arche.

Il attendit encore sept autres jours, et il lâcha de nouveau la colombe hors de l’arche.

La colombe revint à lui sur le soir ; et voici, une feuille d’olivier arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que les eaux avaient diminué sur la terre.

Il attendit encore sept autres jours ; et il lâcha la colombe. Mais elle ne revint plus à lui » (Gen. 8 ; 6-12).

A partir d’Abraham, l’alliance avec Dieu se fortifie : un peuple est né, c’est le peuple d’Israël, un peuple consacré à Dieu.

A partir de Moïse, l’alliance avec Dieu devient plus précise : c’est un mariage entre Dieu et Israël son peuple.

Désormais, l’alliance avec Dieu devient concrète et réelle : cela se traduit par l’attente du Messie et le Messie c’est une personne.

Petit à petit, de siècle en siècle, l’espérance se transmet au peuple, et plusieurs prophètes annoncent maintenant la venue du Messie.

Selon le livre du prophète Michée :

«Et toi, Bethléhem Ephrata, petite entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui dominera Israël, et dont les activités remontent aux temps anciens, aux jours de l’éternité » (Mich. 5,1).  

Puis selon le livre du prophète Isaïe :

« C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe ; voici la vierge deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emmanuel » (Isaïe 7,14).

Neuf siècles plus tard, l’archange Gabriel visite une Vierge du nom de Marie, à Nazareth en Galilée. Il dit à Marie ces paroles que nous connaissons bien car nous les entendons chantées à la fin de chaque office des vêpres, le samedi soir, aux vigiles. Il reste qu’ici, précisément à cette période, nous devons les lire ou les recevoir avec attention, piété et dans un silence respectueux :

« Vierge, Mère de Dieu, réjouis-toi, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi : tu es bénie entre les femmes, et béni est le fruit de ton sein, car tu as enfanté le Sauveur de nos âmes ».

Amen.

higoumène Alexis

Dimanche 20 décembre 2020

saint Ambroise de Milan (Lc 17 ;12-19)

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

« Jésus,  Maître, aie pitié de nous ! ».

Seigneur, aie pitié, Kyrie eleison  en grec ancien.

C’est certainement les premiers mots qu’il est nécessaire de prononcer lorsque nous nous adressons à Dieu.

Seigneur, aie pitié de moi !  Pardonne-moi mon manque de prière, ma brutalité ou ma dureté de cœur, mon impatience, mon indignité, mon manque d’humilité, mes nombreux péchés et la faiblesse de ma foi.

Ces mots, nous les entendons souvent au cours de la divine liturgie : Prions le Seigneur, Seigneur aie pitié !

Par ailleurs, aussi souvent que possible, nous devons nous efforcer de dire, tout au long de la journée et une partie de la soirée ou de la nuit :

— ô Dieu, purifie-moi et aie pitié de moi

— Seigneur, Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi.

« L’un deux, se voyant guéri, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix ».

En tant que chrétiens orthodoxes, dans notre vie quotidienne, nous oublions souvent de rendre grâce au Seigneur et de Lui être reconnaissants.

Et pourtant, nous avons reçu de Dieu de nombreux bienfaits. Par exemple, le don de la vie ; nous pouvons venir prier dans cette belle église de Saint Serge, contempler de magnifiques icônes et écouter de très beaux chants liturgiques.

Dieu nous a accordé ses largesses, Il nous a réservé des joies innombrables, aussi nous ne devons pas être ingrats à l’égard du Seigneur, afin de ne pas être privés de sa grâce divine.

Souvenez-vous de la parabole du repas festif, dans l’Évangile : un homme a préparé un banquet à l’occasion du mariage de son fils. Mais les invités n‘ont pas voulu venir y participer. Puis, cet homme a envoyé ses serviteurs pour les inviter à nouveau. Eux, comme auparavant, ont refusé d’y assister. A la fin, il a dit :

« Les noces sont prêtes, mais les invités n’en étaient pas dignes » (Mt 22,8).

La guérison physique du corps, pour le chrétien orthodoxe, n’est pas la chose la plus importante. Ce qui compte surtout, ce qui est le plus important et c’est justement ce qui nous est enseigné dans l’évangile d’aujourd’hui, c’est le salut de l’homme tout entier.

Le lépreux guéri retourne aussitôt vers Jésus, il s’incline à ses pieds et Lui rend grâce.

Il souhaite établir des relations personnelles et sincères avec le Christ. A la fin, le Seigneur le relève, le rétablit et le ressuscite, en lui disant ces paroles :

« Lève-toi, va ; ta foi t’a sauvé ».

Saint Jean le théologien nous raconte, dans son Évangile, la guérison d’un aveugle-né. A la fin, Jésus interroge l’aveugle qui a été guéri et qui a retrouvé l’usage de la vue :

« Crois-tu au Fils de Dieu ?

Et qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ?

Tu l’as vu, et celui qui te parle, c’est lui.

Je crois Seigneur ». Et il l’adora.

A ce moment précis, l’aveugle n’est pas seulement guéri corporellement, mais il est complètement sauvé.

Amen.

higoumène Alexis

Dimanche 13 décembre 2020

Saint André, le premier apôtre appelé (Jn 1, 35-51)

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

Aujourd’hui, nous célébrons la mémoire de saint André, le premier apôtre appelé par le Seigneur.

Saint André était un Juif de Galilée, il était le frère de l’apôtre Pierre. C’est le premier des apôtres à connaître Jésus-Christ, juste après son baptême, sur les bords du Jourdain.

Mais son appel définitif a eu lieu, lorsque Jésus l’a rencontré, en présence de son frère Simon-Pierre, en train de jeter les filets dans le but d’attraper des poissons, sur le lac de Tibériade. Pour cette raison, la tradition de l’Église lui donne le titre de « premier appelé » par le Seigneur.

Vous vous souvenez de ces mots tirés de l’évangile :

« Comme Jésus marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs.

Il leur dit : Suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes.

Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent. » (Mt 4 ; 18-20).

Après la Pentecôte, saint André part prêcher l’Évangile, au cours d’un long voyage autour des côtes de la Mer Noire.

Il est considéré comme le fondateur de l’Église de Constantinople.

A la fois apôtre et martyr, à l’appel du Christ, il laisse aussitôt ses filets pour devenir pêcheur d’hommes.

Son long voyage se termine en Achaïe, à Patras, où il est crucifié.

Le proconsul de la région lui propose, soit de sacrifier aux idoles, soit de mourir sur la croix. Il choisit de mourir en martyre comme son frère Simon-Pierre et comme le Christ. Il survit pendant deux jours, sur la croix, pendant lesquels il n’arrête pas de prêcher la bonne parole. Il meurt dans une grande lumière.

Jésus interroge ses deux disciples en leur demandant ce qu’ils cherchent. Eux répondent qu’ils cherchent, non pas quelque chose, mais Quelqu’un.

« Jésus se retourna, et voyant que deux disciples le suivaient, il leur dit : Que cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Rabbi (ce qui signifie Maître), où demeures-tu ? » (Jn 1, 38).

C’est vrai pour chacun d’entre nous : au commencement, nous cherchons, nous cherchons quelque chose, mais nous ne savons pas quoi précisément.

Ayant connu la maladie, la souffrance, la tentation, l’épreuve, les difficultés, mais aussi certaines joies, et également quelquefois le bonheur, nous cherchons Quelqu’un, une Personne, sans pouvoir encore mettre un nom sur ce Visage. Plus tard, nous nous efforçons d’aller à la rencontre du Seigneur, car ce Visage nous a été dévoilé dans un moment de grâce divine, et nous savons désormais vers Qui nous pouvons nous tourner et demander un secours.

Nous venons d’entendre, aujourd’hui, dans l’Évangile :

« Où demeures-tu ?

Venez, leur dit-il, et voyez. Ils allèrent, et ils virent où il demeurait ; et ils restèrent auprès de lui ce jour-là ». (Jn 1 ; 38-39).

Vivre avec Jésus, rester en sa présence, Le suivre, marcher dans ses pas, tout cela il faut le comprendre dans un sens théologique. Cela se rapporte à l’accomplissement de la foi, à un attachement définitif à la personne du Christ.

Il existe plusieurs étapes par lesquelles le chrétien orthodoxe doit passer, dans sa vie spirituelle qui se déroule dans l’espace mystique de l’Église :

-aller vers Jésus, Le rejoindre, le Servir : cela signifie le travail, l’action, les œuvres, comme, par exemple, apporter de l’aide à notre prochain, dans notre entourage.

-puis, rester auprès de Jésus, vivre en sa présence, dans sa proximité immédiate : cela se traduit par la psalmodie, les offices liturgiques à l’église, la lecture, la méditation, la contemplation, la connaissance de Dieu.

-en dernier lieu, c’est Jésus qui vient vers nous pour habiter en nous, à travers les sacrements : le baptême, la chrismation ou l’onction d’huile sainte, le mariage, la confession, la communion eucharistique, l’ordination, etc.

Au fond, ces étapes correspondent au cycle de la vie sur terre, pour chacun de nous :

-au début de notre existence, c’est notre corps qui est plein de force et d’énergie, au point que c’est lui qui porte et qui mène l’âme et l’esprit. Notre relation au Christ est faite de services, d’œuvres, de bonnes actions, d’ouvrages accomplis, etc.

-puis, comme nous avançons en âge, le corps décline, il est moins fort, il a moins d’énergie, et c’est l’âme qui prend le relais, c’est elle qui nous dirige et qui construit notre nouveau rapport avec le Seigneur : à travers la prière, essentiellement.

-enfin, lorsque le corps est très affaibli, l’âme demande que le Seigneur habite dans son cœur et qu’Il lui donne la force de vivre, avec piété et dignité, jusqu’à notre dernier souffle.

Nous connaissons bien cette prière, adressée au Saint Esprit, parce que nous la prononçons plusieurs fois dans la journée et que nous l’entendons, de façon solennelle, au début de chaque divine liturgie :

« Roi du Ciel, Consolateur, Esprit de vérité, (…) viens et fais ta demeure en nous ».

Amen.

higoumène Alexis

Saint Apôtre André, le premier appelé, monastère Sretensky, Moscou

Dimanche 6 décembre 2020

Saint Alexandre de la Neva

Après-fête de la Présentation au Temple de la Mère de Dieu

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

Vendredi dernier, c’est à dire avant-hier, nous avons célébré la fête de la présentation au Temple de la Très Sainte Mère de Dieu.

Ce jour-là, les parents, Joachim et Anne, conduisent leur fille Marie dans l’Église.

Ils accomplissent le vœu, qu’ils ont prononcé devant Dieu avant la naissance de leur fille : celui de consacrer Marie, entièrement, à Dieu.

Ce jour-là, Marie pénètre dans l’Église, à travers le parvis ; puis elle entre dans une grande salle ; elle monte plusieurs marches d’escalier et arrive enfin dans le saint des saints, où personne n’a le droit d’entrer, à l’exception du grand prêtre, une fois dans l’année.

A cet instant, tout le monde s’en étonne mais personne ne décide d’arrêter l’enfant dans son cheminement, ni les hommes, ni même les anges.

Nous sommes alors les témoins que les deux parents apportent, en guise d’offrande, leur enfant bénie auprès de Dieu.

Ils conduisent leur fille dans l’Église, ils se séparent d’elle, alors qu’ils ont tant désiré avoir un enfant, pendant de longues années.

Déjà avant la naissance de Marie, ils ont promis à Dieu de consacrer leur enfant à Dieu, si leur prière était entendue et exaucée.

Ils n’ont pas désiré leur enfant pour eux-mêmes ; non, ils ont prié pour cet enfant afin d’accomplir le dessein du Créateur. C’est évidemment un enseignement pour chacun d’entre nous : chaque enfant qui naît et qui vient au monde, il vient dans ce monde pour la gloire de Dieu et pour l’accomplissement ou la réalisation du plan de Dieu. Ce n’est pas seulement pour le bonheur de ses parents.

Marie pénètre dans l’Église et se prépare à devenir le Temple du Seigneur. Précisément par le Saint Esprit, le Verbe de Dieu prend chair et s’incarne en elle. Alors, Marie, à travers cet enfantement et cette inhabitation, devient le Temple du Saint Esprit.

Justement, ce que Marie a atteint dans sa vie, de mettre au monde Jésus, le Fils de Dieu, nous sommes appelés à le réaliser, autant que possible, dans notre propre vie.

Oui, c’est bien là notre vocation en tant que chrétiens orthodoxes : devenir, pour chacun d’entre nous, la Maison de Dieu, le Temple de sa grâce.

Souvenons-nous des mots de cette prière que nous prononçons plusieurs fois dans la journée et que nous entendons au début de chaque divine liturgie :

« Roi du Ciel, Consolateur, Esprit de vérité (…) viens et fais ta demeure en nous … ».

L’Église – c’est toute la sagesse de nos Pères de l’Église qui ont composé nos offices et qui ont positionné les fêtes dans l’ensemble du calendrier liturgique, avec une grande pédagogie – a placé cette fête de la présentation au Temple de la Mère de Dieu, au début de la période qui nous conduit à la célébration de la fête de la naissance du Christ.

Dans un mois très exactement, à un jour près, nous allons fêter la naissance du Christ. Comme le peuple d’Israël attendait le Messie, Marie réalise, dans sa propre personne, l’attente du Fils de Dieu. En mettant au monde Jésus, elle accomplit la promesse faite par Dieu à son peuple élu dont nous faisons partie depuis notre baptême.

Aujourd’hui, nous comprenons beaucoup mieux les mots de ce chant inspiré, si souvent entendu dans l’Eglise, au cours des offices :

« Toi, plus vénérable que les chérubins et plus glorieuse, sans comparaison, que les séraphins, toi qui, sans corruption, as enfanté Dieu le Verbe, toi véritablement Mère de Dieu, nous te magnifions ».

Lorsque deux parents vont mettre un enfant au monde, ils se concertent longuement avant de prendre une décision importante quant au choix du prénom à conférer à l’enfant nouveau-né qui va naître, dans quelques semaines ou dans quelques mois. C’est donc, à chaque fois, un acte solennel et mûrement réfléchi et médité.

Lorsque ces parents décident d’appeler leur fille Marie, il y a là un acte particulier. En effet, Marie, Mère de Dieu, incarne, pour nous et bien sûr pour l’Église, la patience, l’attente, le travail dans l’ombre, le dévouement, l’obéissance, la pureté, la consécration à Dieu, la prière. Il faut être tout particulièrement attentifs lorsque nous sommes amenés à rencontrer, dans notre entourage, dans notre milieu et dans notre communauté, des enfants qui portent le prénom de Marie, car les parents de ces enfants, à travers ce choix du prénom, ont, sans doute, accompli, plus ou moins consciemment, un geste d’offrande au Seigneur.

Amen.

higoumène Alexis