Dimanche 21 mars 2021 — 1er dimanche du grand carême

 Triomphe de l’orthodoxie

(Jn 1 ; 43-51)

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

 

« Le lendemain, Jésus voulut se rendre en Galilée, et il rencontra Philippe. Il lui dit : Suis-moi » (Jn 1,43).

 

Suivre le Christ, cela signifie accepter de devenir son disciple, cela veut dire avoir confiance en Lui.

 

Cela signifie renoncer à certaines choses, et même à beaucoup de choses. Voilà pourquoi la vie chrétienne est difficile.

 

Si nous avons décidé de marcher derrière le Christ, nous ne devons pas nous poser des questions.

Pourtant, reconnaissons que nous sommes lents, inflexibles, prisonniers de nos habitudes, de notre confort et de notre entourage.

Nous ne voulons pas courir de risque, aller sur un chemin inconnu.

Rappelons-nous comment Jésus a appelé ses premiers disciples :

« Comme il passait le long de la mer de Galilée, il vit Simon et André, frère de Simon. (…).

Jésus leur dit : Suivez-moi. (…).

Aussitôt, ils laissèrent leurs filets, et le suivirent » (Mc 1 ; 16-18). 

Plus tard, Jésus appelle Mathieu de cette façon :

« En passant, il vit Lévi, fils d’Alphée, assis au bureau des péages. Il lui dit : Suis-moi. Lévi se leva, et le suivit » (Mc 2,14).

Dans d’autres occasions, en d’autres circonstances, Jésus ne nous demande pas de Le suivre. Et même, Il ne nous donne pas la possibilité de marcher derrière Lui.

Ensuite, Jésus nous demande de demeurer à notre place, de continuer à travailler, de remplir nos obligations, de témoigner de notre foi dans le monde, et dans notre entourage, afin d’aider les autres, tous ceux que le Seigneur a mis sur notre chemin.

L’évangéliste Marc nous a raconté l’histoire d’un homme possédé par de nombreux démons, que Jésus a chassés.

A la fin, cet homme guéri a demandé à Jésus la permission de rester avec Lui.

Il ne le lui a pas permis. Il lui a dit :

« Va dans ta maison, vers les tiens, et raconte-leur tout ce que le Seigneur t’a fait, et comment il a eu pitié de toi.

Il s’en alla, et se mit à publier dans la Décapole tout ce que Jésus avait fait pour lui. Et tous furent dans l’étonnement ». (Mc 5 ; 19-20).

 

Depuis dimanche dernier, nous sommes entrés dans le grand carême.

Le grand carême, c’est une école de prière, c’est aussi une école du repentir, de la patience et du renoncement à sa propre volonté.

Nous sommes chrétiens et, surtout, nous voulons tous devenir de vrais chrétiens.

Le jour de notre baptême, dans l’Eglise, nous avons reçu une croix, que nous portons autour du cou.

Dans la vie chrétienne, le plus important, c’est d’accepter que la volonté de Dieu s’accomplisse en ce qui concerne chacun d’entre nous.

Car Dieu sait, mieux que nous, ce qui est bon et utile pour notre foi et pour notre croissance, ce qui est bon pour notre salut.

Il y a une très belle image contenue dans la Philocalie : Dieu ressemble à un potier. Il sait combien de temps chaque personne, à l’image d’une poterie en terre cuite, doit rester dans le four, c’est-à-dire doit supporter et éprouver telle ou telle épreuve : ni trop peu, ni trop longtemps, juste le temps qu’il faut pour devenir résistant, mature, patient, confiant, fidèle et solide.

Accepter que se réalise, en toute circonstance, la volonté de Dieu, ce n’est pas facile, c’est même difficile, mais c’est le seul chemin qui nous conduit sûrement vers le Royaume des cieux.

C’est justement ce chemin que l’Eglise nous offre à chaque instant.

Allez, restons fidèles à l’Eglise, restons fidèles à l’Evangile et aux sacrements, malgré nos soucis et nos doutes.

L’Eglise, c’est le lieu de la grâce divine, c’est le temple du Saint Esprit.

Nous avons de la chance de venir dans cette belle église de Saint Serge, c’est une grâce et nous devons en être reconnaissants devant le Seigneur.

Il y a de très belles icônes, des objets sacrés, un bel iconostase, de très jolies fresques, bientôt, nous l’espérons, un beau kliros en bois sculpté (importé, vraisemblablement, d’Europe de l’Est) ; il y a aussi, ici, un cadre magnifique, un jardin paisible, etc.

Il y a aussi, évidemment, de très beaux chants liturgiques interprétés et chantés, par la chorale, dans une grande harmonie, et qui soutiennent efficacement la prière de toute notre communauté.

Vous devez savoir que, derrière cette beauté, il y a eu et il y a encore des efforts, un travail caché, accompli dans l’ombre et dans le secret du cœur, au quotidien.

Il y a, également, ne l’oublions pas, des personnes dévouées qui effectuent des tâches de ménage et de nettoyage de l’église ; d’autres personnes qui s’occupent de la décoration florale de l’église ; d’autres qui assurent la vente des cierges ou la confection des prosphores ; des petites mains, autour du père diacre Nikola, qui gèrent et animent le site internet de la paroisse.

Il ne faut pas oublier, non plus, un service de catéchèse destinée aux jeunes enfants et aux pré-adolescents, qui repose sur une ou deux personnes (pour le moment) : c’est un service d’Eglise très important, qui doit nous rappeler que l’Eglise a vocation, essentiellement, de transmettre le message de l’Evangile aux jeunes générations.

Dimanche prochain 28 mars après-midi, il est prévu, juste après la liturgie, l’assemblée générale ordinaire annuelle de notre paroisse, qui ne s’est pas réunie depuis deux années entières. C’est beaucoup, deux ans, aussi cette assemblée revêt une très grande importance pour la vie à venir de notre communauté.

Tous les membres, régulièrement inscrits, de notre paroisse sont vivement invités à y participer, et même de façon active (par leur présence, par leurs interventions, par leurs questions, par leurs témoignages et, enfin, par leur vote).

L’Eglise, et cette église de Saint Serge, en particulier, — c’est d’ailleurs une image contenue dans l’Evangile – ressemble à une vigne sainte qui nous a été confiée, à la fois avec solennité et une grande bienveillance, par le Seigneur. Nous devons donc nous efforcer, modestement, humblement, avec cœur, sans prétention, avec persévérance, de la faire vivre, de la garder sans tache ni ride, d’en faire, comme le rappelle si souvent notre métropolite Jean, un lieu d’accueil et de partage, un lieu de prière et d’écoute, un lieu de beauté et de ressourcement.

Nous vous tiendrons informés, soyez-en assurés, des décisions qui seront prises au cours de cette assemblée. D’ores et déjà, il sera demandé une plus grande participation des personnes à la vie de notre paroisse.  L’Eglise, et notre église Saint Serge, ne peut pas et ne doit pas reposer sur la bonne volonté et le dévouement de quelques personnes. Ce n’est pas juste ni équitable, ce n’est pas non plus la vision de notre Eglise orthodoxe.

Rappelons que le mot « liturgie » signifie œuvre commune ou travail en commun : c’est une œuvre accomplie, charitablement, par les célébrants, les servants, les choristes, et tous les fidèles rassemblés en Eglise – Corps du Christ.

Amen.

higoumène Alexis  

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