Dimanche 7 mars 2021 — 39ème dimanche après la Pentecôte

 Le jugement dernier

(Mt 25 ; 31-46)

 

 

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

 

Nous venons d’entendre dans l’évangile : chaque fois, lorsque vous avez fait cela ; ou chaque fois, lorsque vous n’avez pas fait cela.

En tant que chrétien orthodoxe, nous ne devons pas oublier que notre foi doit, sans cesse, être mise en œuvre dans la vie, à travers notre ouvrage envers les autres.

C’est le second commandement de la loi du Seigneur, qui est semblable au premier :

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Mt 19,19 et 22,39).

Dans une semaine, cela va être le dimanche du pardon, et il nous sera donné de témoigner que nous pouvons pardonner et demander pardon.

C’est précisément suivant le critère de l’amour envers le prochain que nous serons tous jugés, à la fin de notre vie terrestre.

« Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous les avez faites » (Mt 25, 40).

C’est la preuve que Jésus est, sans limite, proche de tous ceux qui sont humiliés, de tous ceux qui sont malheureux, de tous ceux dont l’humanité se trouve sous la menace.

Lorsque, à la fin des temps, viendra le Christ, pour nous juger, Il verra si nous avons manifesté de l’amour envers notre prochain ?

Cet amour à l’égard du prochain, c’est un amour concret et personnel envers une personne humaine, envers tous ceux que Dieu a mis sur notre chemin.

Dans l’évangile de saint Luc, Jésus a dit à Simon-Pierre, et aussi à chacun de nous :

« Avance dans la profondeur » (Lc 5,4).

L’amour chrétien, l’amour que, en tant que croyant orthodoxe, nous devons éprouver à l’égard du prochain, c’est la possibilité inimaginable de voir le Christ dans chaque personne, que Dieu a placée sur notre route.

Nous connaissons bien ces mots de l’apôtre Paul, tirés de sa première lettre aux Corinthiens, à propos de l’amour chrétien. Du coup, nous les comprenons mieux, ayant écouté la parabole du jugement dernier :

« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n’ai pas l’amour, je suis un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit.

Et quand j’aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance, quand j’aurais même toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien. (…).

L’amour est patient, il est plein de bonté ; … il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité ; il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout.

L’amour ne périt jamais » (I Cor. 13 ; 1-8).

Nous sommes au début de l’année 1945, la guerre mondiale est presque terminée.

Mère Marie Skobtsova, jusqu’à présent, est toujours prisonnière dans le camp de Ravensbrück en Allemagne.

C’est le mois de Mars, nous ne savons pas vraiment ce qui s’est passé. Des soldats allemands ont choisi un groupe de femmes pour qu’elles soient transférées dans le camp voisin.

Selon l’avis de certains, mère Marie a pris la place d’une femme effrayée, qui ne voulait pas partir.

Selon l’avis d’autres personnes, mère Marie s’est approchée de ce groupe de femmes, afin de les consoler.

Les soldats ont pris son numéro et lui ont arraché ses lunettes. Ils l’ont emmené avec les autres femmes.

D’après un témoignage, mère Marie s’est portée volontairement en sacrifice, parce qu’elle voulait aider chacune de nous à accepter sa croix.

Mère Marie est entrée dans la paix du Seigneur le grand et saint vendredi, la veille de la fête de Pâques.

Dimanche prochain, ce sera le dimanche du pardon.

Cette fois, nous allons célébrer l’office des vêpres, immédiatement après la divine liturgie, puis nous allons accomplir le rituel du pardon.

Venez et participez à cet office, qui nous prépare à entrer, avec joie, dans le grand carême.

C’est très important de se demander pardon les uns les autres, parce que chacun de nous a pu attrister une autre personne, volontairement ou non, au sein de notre paroisse.

Ainsi, nous avons attristé l’image du Christ dans cette personne.

Le grand carême, ce n’est pas (seulement) une affaire personnelle qui regarde chacun, de façon individuelle. C’est, avant tout, l’affaire de toute notre communauté.

Car, tous ensemble, nous nous proposons de partir en pèlerinage pendant quarante jours, afin d’atteindre la grande et sainte semaine.

Parce que, tous ensemble, nous allons accompagner le Seigneur jusqu’à sa mort volontaire, sur la croix, sur le mont Golgotha.

L’année dernière, malheureusement, nous n’avons pas pu célébrer, dans l’église, le grand carême ni la joie de Pâques.

Nous devons rendre grâce au Seigneur parce qu’Il nous permet, cette année, de vivre tous ces événements.

Venez, tous les fidèles !

Amen.

higoumène Alexis

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *