Dimanche 18 avril 2021 — 5ème dimanche du grand carême

 Sainte Marie l’Egyptienne

(Mc 10 ; 32-45)

 

 

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit,

 

Le père Zossime vivait dans les monastères de Palestine.

Un jour, il a reçu cette parole :

« Zossime, tu dois savoir qu’il existe de nombreux autres moyens de salut.

Quitte ton pays, ta famille, ta maison, et va dans le monastère sur les bords du Jourdain ».

Il obéit, il arrive dans ce monastère, l’higoumène le rencontre, et il décide de rester là.

Le premier dimanche du grand carême, après la communion, les moines quittent le monastère et se rendent dans le désert, loin l’un de l’autre.

Le père Zossime traverse le Jourdain et marche pendant 20 jours.

Le soir, il prononce sa prière habituelle, se tournant vers l’orient.

Pendant qu’il chante, ayant levé les yeux vers le ciel, il voit, sur la droite, un corps humain : ce corps humain est nu, il est noir, il est brûlé par le soleil.

La femme cache sa nudité et l’interroge :

« Père Zossime, pourquoi veux-tu voir une pécheresse ? ».

L’ancien, à son tour, lui demande :

« D’où viens-tu, quand et comment es-tu venue dans ce désert ? ».

Alors la femme lui raconte l’histoire de sa vie :

« Je suis née en Egypte.

A l’âge de douze ans, j’ai renoncé à l’amour de mes parents et je suis partie à Alexandrie.

J’ai perdu la chasteté et je suis tombé dans le grave péché de la prostitution.

Le désir m’avait saisie de me coucher dans la boue.

Un jour, j’ai vu beaucoup de monde se dirigeant vers la mer.

Ils se rendaient à Jérusalem, afin d’assister à la fête de l’exaltation de la sainte croix.

Moi-aussi, j’ai voulu me rendre à Jérusalem.

Pendant le voyage et dans cette ville de Jérusalem, j’ai continué à vivre dans le péché de la prostitution.

Cependant, j’avais cette pensée que Dieu cherche mon repentir, parce qu’Il ne désire pas la mort du pécheur, mais Il attend sa conversion.

Le jour de la fête de l’exaltation de la croix du Seigneur, j’ai vu que tous se dirigeaient du côté de l’église. Moi-aussi, je me suis rendue là.

J’ai essayé d’entrer dans l’Eglise, mais une force inconnue s’est opposée à moi et m’a empêchée d’avancer.

On m’a repoussée et on m’a laissée seule devant l’entrée de l’église.

Je comprends la raison qui m’empêche de contempler la sainte croix vivifiante du Seigneur. C’est l’indignité de mes actes qui m’interdit d’entrer dans l’église.

J’ai vu, au-dessus de moi, l’icône de la Vierge Marie. J’ai parlé avec elle :

‘Ô Mère de Dieu, viens à mon secours, aie pitié de moi, permets-moi d’entrer dans le temple et de me prosterner devant la croix.

Sitôt que je verrai la croix de ton Fils, je renoncerai au monde et je partirai dans le désert’.

J’ai quitté l’endroit, je me suis dirigée vers les portes de l’église, je suis entrée sans difficultés et j’ai pu contempler la sainte croix du Seigneur.

Je me suis prosternée puis je suis sortie de l’église.

Je me suis mise à genoux devant la très sainte Mère de Dieu et je lui ai confié :

‘Ô Mère de Dieu, maintenant, je désire accomplir mon souhait. Prends-moi, et jette-moi où tu veux !’

J’ai entendu une voix d’en haut :

‘si tu traverses le Jourdain, tu trouveras là le glorieux repos’.

Je suis sortie, j’ai quitté la ville et je me suis mise en route.

J’ai marché et je suis arrivée, à l’aube, devant une église consacrée à saint Jean Baptiste, tout près du Jourdain.

J’ai prié dans cette église, je suis descendue dans le Jourdain, j’ai baigné mon visage et mes mains dans l’eau du Jourdain et j’ai communié.

Le lendemain matin, je suis retournée dans le désert. Je ne l’ai pas quitté depuis ce jour, dans une constante recherche de Dieu.

Je vis ici, dans ce désert, depuis dix-sept ans, au milieu de mille dangers, et la Vierge Marie est toujours venue à mon secours ».

 

Amen.

higoumène Alexis

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